Histoire

Blason :

Coupé : au 1er d’or, au lion naissant couronné de gueules ; au 2nd d’azur plain.

Armoiries de Cherisey

Ce sont les armes de la famille de Cherisey. Seigneurs du lieu depuis le XIVème siècle, les Cherisey occupèrent le château jusqu’en 1950.

Toponymie :

Dans un acte de 775, Chérisey est appelé Carisiacum, appellation qui restera latine jusqu’au XIIIe siècle puis évoluera dans son écriture au fil des siècles : Cariziacum (993), Carisicum (1179), Cheriseum (1190), Charrixey (1219), Cherrexey (1292), Cherrixey (1301), Charizeum (1307), Charixey et Charisey (1325), Cerisey, Cheresy, Cherexey (1369), Charexey (1420), Charrixey (1423), Cherrezey (1430)… pour prendre son nom définitif en 1667.

Histoire :

  • En 775, Chérisey fut légué par l’abbé Fulrad de Sains-Denis à l’abbaye de ce nom qui elle-même l’abandonna au prieuré de Salonnes.
  • En 875, l’on voit l’abbaye Sainte-Glossinde de Metz avoir des droits sur Chérisey. Chérisey figure en effet comme appartenant à cette abbaye dans une charte de Louis Le Germanique octroyée par ce prince à l’abesse Feulfroid supérieure du monastère pour lui renouveler sa bienveillance et confirmer à nouveau la possession des biens dont l’abbaye jouissait et dont on avait cherché à l’usurper pendant la vacance du siège épiscopal de la cité de Metz.
  • 1112 : la noble Cunégonde donne à l’abbaye de Saint-Arnoul et à son abbé Walon tout ce qu’elle avait à Chérisey.
  • 1143 : dédicace de l’église par Théodwin évêque de Sainte-Rufine, légat du saint-siège.
  • 1219-1220 : existence d’un château fort au XIIIe siècle. D’après des traités de 1219 et 1220 faits, par l’intermédiaire du duc de Lorraine et du comte de Bar, avec Daniel, abbé de Saint-Symphorien, dont Renaud de Chérisey et Jeoffroy d’Apremont sont co-seigneurs voués des biens de l’abbaye Saint-Symphorien à Liehon et à Chérisey, et d’après un acte de 1303 par lequel Henri de Chérisey reconnaît avoir empiété sur le ban de ladite abbaye, le château aurait été reconstruit et son emplacement changé à cette époque.
  • 1367 : les sires de Pierrefort abattent Chérisey. André de Chérisey, écuyer, seigneur de Chérisey en partie, de Marsal et seigneur suzerain de Bouveron, s’engage avec ses aidants et suivants au service de l’évêque et de la cité de Metz contre Marie de Blois, régente de Lorraine ; plus tard, il se joint à Pierre de Bar, sire de Pierrefort, contre la cité, ce qui occasionne la ruine de Chérisey, Marsal et Pont-à-Mousson par les Messins, en 1367. On lit ainsi « Pierre de Bar fort et puissant sans besoing ni nécessité print guerre contre la cité et en icelle même année la cité meit sus son armée et par force d’armes et d’espées et d’assault prindent le château de Marsal et par charpentiers et massons, fut détruit le bourg de Mousson, et sans prendre plus grand loisi, ils abatirent Cheresy ».
  • Dès le XIIIe siècle, le territoire de Chérisey est divisé en quatre bans dépendant de souverainetés différentes : Lalleuf (ou Alleu), Saint-Pierre, Saint-Symphorien et Sainte-Glossinde, ces deux derniers étaient de la cité de Metz, et ceux de Lalleuf et de Saint-Pierre indépendants d’abord, relevèrent, par suite des alliances féodales que contractèrent leurs seigneurs aux XIVe et XVe siècles, le premier de l’évêque de Metz, et le second des ducs de Lorraine.
  • 1444 : Chérisey souffre lors du siège de Metz mené par Charles VII et René de Lorraine. Flocquet – l’un des commandants de l’armée du roi, avec La Hire et Xaintrailles, y tinrent 56 chevaux durant la durée de la guerre.
  • 1521 : attaque des habitants de Marange contre le château de Cherisey. Des aventuriers ou partisans français mettent le feu à Marange, petit village luxembourgeois et font quelques prisonniers dans ce village qui était alors de la prévôté de Thionville. Les habitants de Marange, maltraités et leur vouant une haine farouche, avaient fini par entrer au service de Charles Quint et de René de Lorraine. Ils s’armèrent sous le commandement de Didier-le-Roi, l’un d’eux et allèrent forcer le château de Chérisey dont le propriétaire Warin de Chérisey, était au service de la couronne de France. Ils ne laissèrent à sa jeune dame Anne de Montormentier, fille de haut et puissant seigneur Jean de Montormentier et de Claire de Chastenoy, que sa chemise lui imposèrent une rançon de 150 francs et revinrent à Marange chargés d’un considérable butin.
  • En 1625 et 1628 il y eut à Chérisey des conférences pour régler les contestations qui s’étaient élevées entre le duc de Lorraine la cité de Metz et l’Évêque de la même ville sur les limites de leurs territoires.
  • 1650 : réunion du ban de Sainte-Glossinde à la seigneurie de Chérisey après que la cause fut portée devant les Treize de Metz Par Jean et Marthe de Chérisey
  • 1814 : le château de Chérisey devient un quartier de l’armée russe commandée par le Gle Borasdin et le Prince Scherbatoff. Dans la nuit du 6 au 7 mars, un fort détachement de la garnison de Metz alla dans la nuit enlever leurs magasins, et ramena dans la place les voitures d’avoine, treize autres de fourrages et une dernière chargée de dindons.
  • En 1814 et en 1870-1871, Chérisey ou Schersingen, se trouvait sur le territoire allemand.
  • Les descendants directs des Chérisey, seigneurs voués au XIIIe siècle, occupèrent le château jusqu’en 1950.
  • Commune sinistrée en 1939-45.

Sources :

  • Archives de Metz 4058
  • Petit cartulaire de Saint-Arnoul fol 51v. Cunegondis matrona, Luxembourg.
  • Tome 2 de l’Histoire de Dom Calmet, col. CXXIX et suivantes, où la chronique en vers de l’antiquité de Metz est rapportée
  • Le siège de Metz par Charles Quint ( oct.-dec. 1552), G. Zeller, 1943, Ed. SIT et Dict. Dpt. Moselle, Viville Claude (de).
  • Dict. de Viville